Souvent on décrit à tort ce travail comme travail émotionnel […] Le travail herméneutique [montre] comment les relations platoniques des hommes sont prises en charge par les femmes de leur entourage (compagne, amie ou membre de leur famille) et que les groupes amicaux d’hommes ne sont pas moins compliqués mais s’engagent moins dans l’intimité et peuvent durer très longtemps du fait de la relative superficialité de la relation.

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Fisayo avait répondu sans hésitation à Pascal quand elle avait serré la main de Jérôme. Son naturel ne laissait aucune place aux interprétations : « Oui on s’est déjà croisés. » Pascal n’avait alors pas compris l’étonnement de Jérôme. Oui, Fisayo avait bien déjà croisé Jérôme 149 jours auparavant à l’espace ping-pong de leur lieu de coworking, il lui avait alors demandé son numéro ; mais Fisayo l’avait aussi croisé il y a 129 jours lors de leur premier date, puis il y a 119 jours lors de leur second date. Par la suite, elle avait fait en sorte de ne plus « croiser » Jérôme, ce même de manière asynchrone. Elle l’avait bloqué sur WhatsApp, Instagram, Twitter et LinkedIn. 

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De nombreuses sociétés ont éduqué leurs enfants de sexe masculin dans le simple but de leur apprendre à ne pas être des femmes, mais une telle éducation entraîne inévitablement une perte, car elle apprend à l’homme à craindre de perdre ce qu’il a, et à être à jamais quelque peu hanté par cette crainte. Mais lorsqu’en plus d’apprendre qu’il ne doit à aucun prix être une fille, il est continuellement forcé de rivaliser avec les filles à l’âge même où les filles mûrissent plus vite que les garçons, et que les femmes se voient confier des tâches que les filles assument plus facilement, une ambivalence plus aiguë s’installe.

Margaret Mead, Male and female: a study of the sexes in a changing world, p. 315 

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Il est extrêmement inquiétant que politiquement le devenir des femmes ne soit pas pris en compte, alors que l’accomplissement professionnel des hommes qui leur portent préjudice au sein des organisations est salué. Les trajectoires, potentiels et apports des femmes sont relégués à la sphère individuelle, tandis que ceux des hommes relèvent du bien commun. Dans le même ordre d’idées, les qualités et compétences que les femmes apporteraient à une organisation (si cette dernière favorisait leur implication et les protégeait) ne sont que vaguement considérées. Ce comportement discriminant entretient le patriarcat en s’assurant que les institutions et organisations restent des lieux où les hommes peuvent s’épanouir sereinement et devenir des membres historiques, des intellectuels indispensables alors que les femmes disparaissent et abandonnent leur place dans l’indifférence générale.

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Parce que tout change, rien ne change. Presque vingt ans après Zyed et Bouna, les séquences se suivent et se ressemblent. Une semaine après le meurtre de Nahel par la police, le garde des Sceaux s’est empressé de pointer du doigt les familles. Cette obsession autour de la prétendue irresponsabilité parentale doit être mise en parallèle avec les politiques publiques d’intrusion dans la vie privée des familles des classes populaires et le paternalisme de l’État. Dernière proposition – discriminatoire : instaurer des horaires scolaires spéciaux dans les quartiers dits sensibles.

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Une fois tout ce cirque fini, elle va le quitter. Il le faut. D’ailleurs, elle l’aurait bien fait à cet instant, mais elle doit payer le prix de l’attente pour ne rien donner de plus à l’homme carnivore. Assise au second rang de la salle d’audience, Sonia dresse l’inventaire de ses possessions, elle se remémore des souvenirs agréables avec Adam, avec un vague sentiment de tristesse, une légère nostalgie. « C’est dommage. » pense-t-elle. Adam se retourne de temps à autre pour lui lancer un sourire énamouré, il doit s’imaginer qu’un tourment intérieur la ronge, qu’elle revit ses traumatismes. Adam n’est pas au courant qu’elle a déjà quitté cette relation, elle l’a mentalement quitté à l’annonce de la plainte déposée par Jérôme C. pour « violence n’ayant entraîné aucune incapacité de travail. » 

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La réalisatrice est le dernier exemple en date de ces nombreuses femmes publiques étalant leur aversion pour les féminismes et leur soutien sans faille à leurs amis, collègues ou partenaires. Nouvelle démonstration du chemin qu’il reste à parcourir contre le patriarcat.

L’actualité post-MeToo (César, Cannesprocès Johnny Depp et Amber Heard, affaires PPDA, Depardieu, Quatennens…) a offert à de nombreuses femmes publiques l’occasion d’étaler l’étendue de leur aversion pour les féminismes et leur soutien sans faille à leurs amis, collègues ou partenaires. Dernier exemple en date : Maïwenn. Contrairement aux militantes antiféministes déclarées des rangs conservateurs, les personnalités comme Maïwenn enveloppent leur antiféminisme dans une défense de l’« humanisme » et une « critique des deux parties », en se positionnant contre la « victimisation des femmes ».

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L’an dernier aux États-Unis, le rappeur Tory Lanez a été jugé pour avoir tiré sur la chanteuse Megan Thee Stallion. En janvier, en Grande-Bretagne, le footballeur français Benjamin Mendy a été jugé pour dix accusations de viol et d’agression sexuelle. Lanez a été reconnu coupable en décembre, Mendy non coupable dans huit des dix accusations tout en restant poursuivi pour deux accusations, un viol et une tentative de viol.

Dans les deux cas, les procès et les verdicts ont donné lieu à d’importants débats et confrontations sur les réseaux sociaux, avec des attaques misogynoir (1) ciblées contre les Black Feminist et les afroféministes (2) anticarcérales. Au cœur de ces attaques, l’utilisation des féminismes noirs à des fins de récupération.

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L’absence de femmes dans la catégorie la plus prestigieuse des Césars, « meilleur film », à la 48e cérémonie des Césars, a très vite été éclipsée par le grand gagnant, La Nuit du 12 de Dominik Moll, nominé dix fois et reparti avec six récompenses, dont celle du meilleur film. On y suit deux inspecteurs de la police judiciaire, enquêtant sur le viol et le meurtre de Clara (Lula Cotton-Frapier).

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Valentin n’aurait jamais pensé que la sortie tant attendue de son premier livre, tiré de sa thèse, serait le point de départ de la plus grande injustice qu’il aurait à subir dans sa vie. Il ne cesse de lire et relire l’unique recension, rien ne lui a été épargné, dans cet article  réalisé par une « parfaite inconnue, sans autorité dans la matière ». Comment cette personne pouvait-elle sérieusement qualifier son ouvrage de « limite de masculinisme ? ».

Valentin aime les livres. Dans son groupe d’amis, il jouit du qualitatif d’intellectuel, qu’il feint de nier, mais ses petits gloussements cachent mal le plaisir que ce titre lui procure. Il aime les livres, les commenter, en débattre et les recommander, ou plutôt les prescrire. Un livre pour chaque problème, et un problème pour chaque livre. Et comme tout amoureux des livres, de la Culture, la liste des choses qui le révolte reflète son sens certain de la morale et du beau: les liseuses électroniques, la musique avec « des paroles qui ne font pas sens », les personnes qui jettent les livres, celles qui lisent des ouvrages indigents : succès commerciaux, arlequins, mangas (liste non exhaustive), les personnes qui n’ont pas lu les sept tomes de la Recherche du temps perdu, mais aussi celles qui ont gaspillé leur temps à lire tous les tomes du Seigneur des anneaux, les blockbusters, les personnes qui ne savent pas prononcer correctement Durkheim ou Brecht.

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